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Sleeppers + Zatokrev
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are you ready baby ? L'air de rien, voilà déjà près de quatorze ans que les Sleeppers existent et se creusent petit à petit une place dans la scène rock française. C'est en l'an 2000 qu'ils se font vraiment remarquer par la critique avec leur troisième album, Cut Off, produit par Fred Norguet. C'est donc logiquement la même équipe qu'on retrouve derrière leur nouvel opus, Interaction, avec toutefois l'arrivée d'un nouveau guitariste. Interaction fait avant tout l'effet d'un mur sonore. Le son est dense, saturé, implacable... La batterie pachydermique et les grosses parties de basse y sont certainement pour quelque chose. On pense immédiatement à des groupes comme Helmet et Tool. S'il fallait coller une étiquette à cette musique, le terme de "noise rock" semble le plus adapté. Interaction crée un déluge de bruit, de rythmes énervés et de parties vocales alternant les hurlements aux passages plus calmes, mais néanmoins nerveux. Le nouveau guitariste signe quelques beaux solos et adoucit quelque peu cette masse sonore, tout comme la présence surprenante, mais très agréable, d'une voix féminine sur le Mâdhârât / Nation qui clôt les hostilités. Un des meilleurs groupe français, encore un qui na pas besoin dêtre connu pour être sûr de son immense talent ! Le pouvoir de dévastation de Zatokrev ressort de lhallucinatoire, et ce premier opus ressemble dautant plus comme une immense écorchure. On pourrait demblée aligner des référentiels connus histoire dapprocher le son de Zatokrev (Neurosis, Cult Of Luna, Isis, Mastodon), mais il y a dans les saturations de Zatokrev quelque chose de plus "tenu" et directement hargneux, que dans les uvres dernières desdits maîtres : là où Neurosis par exemple saventure vers un alliage plus subtil, Zatokrev confirme ses velléités de puissance et la saturation, au travers de la pesanteur ou de la dissonance, forme un des arguments premiers de sa démarche. Au cur dun ouragan entre Post-Hardcore et Metal, les voix éructées de Frederyk Rotter installent ainsi une tension palpable, un malaise non joué. Les rythmiques de guitares, dominatrices, forment bloc et avancent, implacables, froides et martelées (" Zato Krev"). On étouffe alors littéralement sous les coups de boutoir des rythmiques, perdues entre la lenteur et la pesanteur du Doom, la fureur du NoiseCore. Mais Zatokrev, à linstar des maîtres du genre et tout en gardant une ligne fondée sur lagression permanente, sait aérer le propos et offrir linterlude salvateur, les quelques secondes de chant clair qui éparpillent pour quelques secondes la bourrasque ("C though"). Alors, au bout du voyage, il faudra résister à une véritable épreuve : "Fourem", une oppression de quinze minutes qui conclut cet album dans une forme de beauté sanguine, un pastel ravagé le feu et lhuile, sale et désespéré mais encore bouillonnant. Un disque qui fera date.